Quand la sexualité pose problème…

Témoignage d’un jeune homme et de son « impuissance » psychologique.

31 ans et un sérieux problème sexuel qui durait depuis l’adolescence. L’impression de ne pas vivre comme les autres, de passer à côté de quelque chose. La séduction, le sexe, le plaisir avec une femme, la vie à deux, étaient comme des choses interdites. 31 ans et une vie sexuelle plus que perturbée, qui a commencé tard, il y a six ans à peine, avec une prostituée. Glauque, très glauque.

Aujourd’hui pourtant, je viens de sortir du tunnel, je suis devenu ambitieux, je n’ai plus de problème sexuel et je vois la vie avec optimisme, en étant sûr de ma réussite… six mois de travail avec une psychothérapeute m’ont permis de remonter à la surface.

L’adolescence, l’éveil sexuel. Premières érections, premières masturbations et une addiction devant le minitel rose. Collège, lycée, un manque total de confiance en moi, et une telle incapacité  à aller vers les filles que je me demande si ce ne serait pas plus facile avec des garçons…

Le sexe dans ma famille: un tabou qui m’a fait beaucoup de mal, parce que mon éducation se fit à travers des films X. Je me suis alors rendu compte que mon sexe n’était pas tout à fait comme celui des acteurs  et que mon gland ne se décalottait pas…  Gros sentiment de malaise de ma part. Incapacité totale de parler de ça à mes parents. Mutisme total.

Car les années vont passer. Le lycée, le bac, la fac… avec cette impression d’être handicapé mais de ne pas pouvoir en parler à qui que ce soit, de mentir aux copains, s’inventer de fausses copines, rencontrer des filles mais ne jamais oser les draguer, de peur qu’elles veuillent de moi…

D’un autre côté, ma vie professionnelle est passionnante. De l’extérieur, j’ai la vie parfaite.  A l’intérieur de moi, je sais que j’ai de gros problèmes. A 24 ans, j’ai honte mais je pousse la porte d’un médecin. Il m’examine et me rassure: « Il faut faire une opération, juste un  allongement du frein. C’est bénin. »  L’opération se déroule quelques semaines plus tard, dans le plus grand secret. Mais au final me voilà avec un sexe tout neuf.

Seulement voilà. Pas facile de débuter sa sexualité à 24 ans, la crainte me fait me tourner vers des professionnelles, des prostitués. Un premier rendez-vous,  je panique et je fuis  la tête pleines d’angoisses… La troisième tentative sera la bonne.

Me voici prêt à faire de vraies rencontres… mais je n’y arriverais pas. Pendant plusieurs années, le schéma va se répéter et s’installer sournoisement dans ma vie. Je suis un garçon qui n’arrive à assurer qu’avec des prostitués. Dès qu’il s’agit d’une rencontre classique, sans échange d’argent, je suis tout mou…

Dès lors, quand une femme me plait je n’ose pas le lui dire réellement. Alors je prends la place de l’ami, le confident  et je souffre. Je triche, je mens, je suis frustré, perdu. Mais un soir d’avril 2008,  je dis à une femme que je suis follement amoureux d’elle  et sa réponse, elle me dit qu’elle ne peut sortir avec son meilleur ami, va me pousser à aller voir un psychothérapeute. Je suis au bout du rouleau, complètement paumé. Pas facile tout de même d’aller chez un psy. On a tellement d’a priori négatifs. On s’est dit tellement de fois: « Je ne suis pas fou, je n’ai pas besoin de ça ».

Premier rendez-vous. Beaucoup d’appréhension et  de courage pour surmonter sa peur. Les premières questions que me posent ma psy. « Parlez moi de vos parents ». Le grand déballage. Des larmes. Un drôle de truc, jamais vécu ça. Et ma psy qui me dit: « Vous avez en effet besoin d’aide. Nous allons nous voir chaque semaine, au boulot ! »
Je raconte des choses, je réfléchis, j’échange. Elle me parle de ma mère, de castration. Au début je n’y comprends rien. Selon elle, je suis trop proche de ma mère pour avoir des rapports sexuels avec une autre femme. Je n’y crois guère et pourtant elle a raison. « Comportez-vous comme un adulte avec vos parents » me répète-t-elle. Pas comme un parfait petit garçon avec son papa et sa maman… Je ne sais pas comment faire, comment m’affirmer, comment faire à 31 ans ma crise d’adolescence…

Et puis, l’évidence apparaît:  Je ne veux plus jouer le rôle du fils parfait à mes parents, toujours faire semblant et je commence à marquer mes distances vis à vis d’eux. Ma mère le prend mal, insiste pour me voir. Je tiens le coup,  je suis trop fier. Je me sens libre. J’ai enfin osé dire que quelque chose n’allait pas à mes parents. J’ai l’impression d’avoir voulu faire ça depuis longtemps et de ne jamais y être parvenu.

J’ai décroché de mes parents mais je galère, je souffre beaucoup, à ce moment-là, je ne sais pas trop vers où ma thérapie va me mener. A trois jours du 25 décembre, je vais voir ma psy en étant sûr que je serai tout seul à Noël. En sortant, je suis décidé à appeler ma mère pour reprendre contact… Sacrée volte-face !

J’appelle ma mère, je leur dis tout. De mes problèmes sexuels jusqu’à la thérapie… Ma mère est en larmes. Mes parents m’ont compris, ils savent, ils sont avec moi. Et en écrivant ses lignes, je ressens encore quelque chose…  Comme un immense bonheur qui m’envahit. Parce que ce soir-là, je me souviens avoir aussi vu de l’admiration dans les yeux de mes parents.Trois mois de thérapie et déjà un pas décisif.

Nous sommes au début de janvier 2009, internet me permet de rencontrer une nouvelle jeune femme. Et, comme si c’était naturel, je lui parle de mes problèmes…   Le courant passe, Elle aussi me comprend. On essaye de faire l’amour, je n’y arrive pas.

Nouvelle discussion avec ma psy, nous sommes en mars 2009. La phrase clef : « ……….. Vous n’avez pas de problèmes d’érection… »Les tentatives se succèdent et, un matin, je suis fier de moi. ça marche !

Ce rapport et tous ceux qui vont suivre me libèrent totalement.   Me voilà prêt à affronter le monde, rencontrer des femmes, les aimer, me construire une vie telle que je la souhaite, sans subir et me donnant les moyens d’y parvenir. 32 ans, et la vie qui prend un vrai sens désormais, après six mois d’une thérapie efficace, avec un vrai résultat. Avec surtout, en conclusion, la certitude que rien n’est impossible…